Développement urbain: des solutions concrètes à des problèmes complexes
Comment les villes peuvent-elles renforcer la cohésion sociale et concrétiser l’intégration? Dans le cadre du programme de coopération entre la Suisse et la Pologne, des représentants de 19 villes polonaises se sont rendus en Suisse. Ils ont pu découvrir des projets locaux – allant du travail de quartier à la formation professionnelle – et ont discuté de solutions à des défis tels que la migration, l’évolution démographique et les ressources limitées.

Que peuvent apprendre des maires polonais, lorsqu'ils viennent à Fribourg pour s'informer sur les fêtes de quartier, les clubs de jeunes, les jardins communautaires ou les mesures d'intégration?
Ces questions, ainsi que d'autres relatives au développement urbain, à la protection de l'environnement et au système de formation en alternance, ont été au cœur de deux voyages organisés dans le cadre du programme de coopération entre les villes suisses et polonaises. En collaboration avec le ministère polonais des Fonds et de la Politique régionale et l’Association des villes polonaises, 19 villes et leurs propositions de projets ont été sélectionnées parmi 119 candidatures. Des représentants de ces villes se sont rendus en Suisse afin de trouver de l’inspiration pour leurs communes et leurs futurs projets.
Expertise suisse et approche partenariale
«Les petites et moyennes villes, en particulier, ont du mal à s’y retrouver dans la structure complexe des subventions à Bruxelles. La particularité de la coopération avec la Suisse réside dans l’approche du programme axée sur les besoins, qui combine le financement de projets, l’assistance technique et l’échange d’expériences», explique Tomasz Potkański, de l’Association des villes polonaises.
Au total, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) et la DDC mettront à disposition 278,7 millions de francs pour le programme urbain jusqu’à fin 2029. Les fonds proviennent de la deuxième contribution suisse à certains États membres de l’UE et couvrent 85 % des coûts totaux. La Pologne participe au financement à hauteur de 15 %. Cette responsabilité partagée renforce la mise en œuvre des projets sur le terrain – en particulier dans les villes de petite et moyenne taille, où la cohésion sociale s’effrite et où les défis du vivre-ensemble s’intensifient: les jeunes partent, les personnes âgées se retrouvent isolées. Le manque d’infrastructures de santé et d’activités de loisirs pour les jeunes et les personnes âgées n’est que le symptôme d’un profond changement structurel que le programme entend façonner grâce à la coopération et à l’expertise suisse.
Une meilleure planification favorise la cohésion sociale
La dernière étude de l'UE sur la politique régionale a montré que les régions et les villes jouent un rôle clé dans le renforcement de la cohésion sociale. Grâce à un urbanisme inclusif, à l'éducation, aux services sociaux et aux initiatives locales, elles peuvent contribuer à réduire l'exclusion et à lutter contre les causes d’insécurité. Cette dimension sociale est essentielle pour lutter contre la polarisation et renforcer la confiance sociale, en particulier dans les zones vulnérables ou particulièrement exposées. Rien qu’avec le Fonds européen de développement régional (FEDER), l’UE consacrera 200 milliards d’euros au développement durable pour la période 2021-2027, en mettant notamment l’accent sur l’innovation et la cohésion sociale.
Outre les grands mécanismes de financement existants de l’UE, la question se pose de savoir ce qui caractérise les financements suisses. «Avec la Suisse, on peut travailler dans des domaines de niche et ainsi obtenir un impact plus important. Pour savoir comment aborder un problème complexe comme l’intégration, nous avons besoin de l’expérience suisse», explique Potkański. Le renforcement de la cohésion sociale et l’intégration sont des défis majeurs pour lesquels les 19 villes sélectionnées recherchent également des solutions innovantes.
À Fribourg, les participants ont pu constater sur place à quel point les approches visant à renforcer la cohésion sociale en Suisse peuvent être variées: des offres d’intégration pour les personnes issues de l’immigration à la promotion d’activités pour les enfants et les jeunes, en passant par des concepts destinés aux seniors ou des projets spécifiques à certains quartiers. Parmi les exemples concrets, on peut citer les fêtes de quartier, les événements d’accueil pour les nouveaux habitants ou les jardins communautaires. «En fin de compte, il s’agit de faire tomber les barrières et de favoriser l’acceptation mutuelle», explique Ula Stotzer, déléguée à la cohésion de la ville de Fribourg. L’apprentissage de la langue et la garde d’enfants constituent également des défis en Suisse, qui ont été abordés avec les invités polonais à la Caserna la Poya à Fribourg

Valeur ajoutée grâce aux échanges et à la «Swissness»
Le savoir que la Suisse partage avec la Pologne est l’un des mécanismes de fonctionnement des programmes suisses dans les pays membres de l’UE: la valeur ajoutée réside dans la «Swissness». Ainsi, des organisations partenaires suisses telles que le consortium ENCO-urbaplan collaborent directement avec la partie polonaise. Ou encore, ce sont des systèmes suisses comme la formation duale ou les approches d’intégration qui sont reconnus au niveau international. Ainsi, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a récemment constaté, dans une étude sur l’état de l’intégration des immigrés, que la Suisse réussissait particulièrement bien à intégrer les immigrés sur le marché du travail.

Potkański souligne: «Nous devons travailler de manière systémique et mettre en place des équipes flexibles pour faire face aux problèmes complexes rencontrés dans les communes. Cela implique également d’investir dans notre propre formation et de mieux exploiter les potentiels locaux, tels que les quartiers et les entreprises.»
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